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2016 aux Châtelliers d’Auzay : de nouvelles informations…

2-auzay-2016Les données de la fouille de cette année 2016 ont mis en évidence principalement l’occupation la plus ancienne connue sur le site. Entre 4600 et 4400 avant J.-C., les premiers colons s’installent sur le haut de l’éperon. Les structures qu’ils nous ont laissées sont en cours d’étude et ne seront dégagées que l’an prochain mais, d’ores et déjà, nous avons retrouvé quelques céramiques de cette époque et, notamment, un grand vase sphérique à col qui contenait des graines de blé nu carbonisées. C’est une découverte importante : les paysans de cette époque n’étaient pas connus précisément dans notre département, ce que l’on sait d’eux est issu de cimetières et de sites domestiques du Centre de la France.

Mais la fouille de 2016 n’a pas livré que cela. À force d’avancer à une vitesse d’archéologue (c’est-à-dire un tout petit peu plus vite que l’escargot…), nous avons éclairci ce qui nous paraissait encore obscur l’an passé. Nous avons retrouvé un chemin d’accès, limité par des palissades, chemin qui permettait aux individus de ces temps reculés, aux alentours de 4000 av. J.-C., de pénétrer à l’intérieur de l’éperon pour rejoindre ce qui devait être leur village. Large de 3 m, il permettait à des engins attelés de pénétrer (la roue n’était peut-être pas encore connue mais les animaux pouvaient tracter un travois, par exemple…) ou bien à un troupeau de quelques bêtes de revenir des champs. Certes, un chemin, ce n’est pas grand chose en soi mais c’est une des rares occasions que l’on a de voir comment était organisé leur village et quels étaient leurs moyens d’accès au site. Il s’avère que ce chemin empruntait la pente ouest de l’éperon, la moins escarpée, en suivant progressivement la pente (et pas tout droit comme l’on fait maintenant pour monter sur le site…) pour déboucher sur le haut du site. Là, deux palissades encadraient le chemin, et la palissade nord bordait une terrasse en légère surélévation, terrasse qui elle-même longeait une grande dépression que les Néolithiques ont comblée avec beaucoup de pierres. Derrière la palissade nord, d’autres terrasses s’emboîtaient les unes sur les autres et, l’une d’entre elles a servi de support à un petit monticule de pierres qui contenait trois bois de cerf. Le sens de ce dépôt nous intrigue mais montre bien que si les Néolithiques étaient des paysans, cultivateurs et éleveurs, ils n’en avaient pas moins une certaine fascination pour la chasse alors que cette dernière ne les nourrissait plus au quotidien. Cette découverte est importante car elle nous donne la direction à suivre : le village devait se trouver sur le haut de l’éperon.

Principalement au sud de ce chemin d’accès, plusieurs foyers ont été dégagés, sans doute en lien avec une activité bouchère de grand ruminant (fumage, salage ?…). Ils semblent être un peu plus anciens (4200 av. J.-C.) que l’aménagement du chemin.

On le constate chaque année, les Châtelliers d’Auzay apportent leur lot d’informations archéologiques nouvelles qui nous font entrer dans une histoire très ancienne, dans un temps qu’on a du mal à imaginer. Certes le propos scientifique est parfois un peu dur à digérer mais il permet toujours de rêver sur la vie de nos lointains ancêtres…

J.-M. Large

La photo : Un foyer mis en évidence sur le substrat calcaire (cliché J.-M. Large).

Le lien pour télécharger le rapport 2016 : Rapport 2016 de la fouille programmée des Châtelliers du Vieil-Auzay (Auzay – Vendée)