Conférences du Mardi – 2015-2016

Les conférences du GVEP ont lieu au Lycée Jean De Lattre de Tassigny à la Roche-sur-Yon. leur fréquence est variable (4 conférences annuelles environ) et se déroulent un mardi soir entre 20h30 et 22h, dans l’amphithéâtre du lycée (150 places).

Elles sont gratuites et ouvertes à tous. Elles sont destinées à un public adolescent/adulte intéressé par l’archéologie mais sans connaissance particulière du sujet. Elles sont assurées par des professionnels de l’archéologie ou des spécialistes reconnus par la communauté scientifique.

La thématique de la saison 2014-2015 était :

Les dolmens dans tous leurs états

 

Mardi 3 novembre 2015

Les peuples des tourbières :
Voyage dans le nord-est de l’Europe

par Jean-Marc LARGE, Archéologue

Depuis la fonte des glaciers du quaternaire, les territoires du nord-est de l’Europe sont devenus accessibles aux communautés humaines. Dès le Mésolithique, ces communautés ont investi des territoires marqués par la présence d’importantes zones humides du Pays-Bas à la Suède. Elles ont développé dans un premier temps une forme de résistance au Néolithique puis, par la suite, ont donné des formes originales de sociétés marquées par un mégalithisme tardif puis par un imaginaire social très présent sous forme de gravures rupestres, enfin par des rites sacrificiels possibles qui ont livré des corps particulièrement bien conservés dans les tourbières.

La présentation qui est proposée résulte d’un voyage de plusieurs membres du Gvep dans ces territoires du nord-est de l’Europe. Ce sera l’occasion de découvrir des cultures très originales qui ont occupé des espaces singuliers dont les Vikings sont aussi un témoin.


Mardi 8 décembre 2015

Mégalithisme en Extrême-Orient :
Chine, Corée, Japon

par Roger JOUSSAUME, Archéologue

Dans le nord-ouest de la Chine, les dolmens sont appelés Che-pin (table de pierre). Ce sont de grands coffres couverts d’une dalle largement débordante et d’un poids parfois considérable. On accédait à la chambre funéraire par une dalle latérale amovible. Elle pouvait contenir plusieurs corps.

Le mégalithisme chinois s’étend sur le nord de la Corée. Dans le sud sont appelés dolmens (Koindol) des monuments faits d’une grosse dalle (ou gros bloc) de pierre posée sur le sol ou maintenue légèrement au-dessus par de petits piliers. Elle recouvre une fosse allongée contenant un corps. Ce type sud se rencontre jusqu’au Japon dans l’île de Kyûshû. Environ 80 000 dolmens ont été édifiés en Corée. Beaucoup ont été détruits et deux grands sites, Kochang et Hwasun, ont récemment été classés au patrimoine de l’humanité par l’Unesco. Ce mégalithisme serait apparu en Corée à la fin du IIe millénaire avant J.-C. dans une phase évoluée de la culture de Jomon.

Le type de dolmen avec piliers, jamais recouvert d’un tumulus, apparaît au sud du Japon avec la culture de Yayoï qui s’épanouit entre le IIe siècle avant notre ère et le IIIe après.

Des chambres mégalithiques funéraires sous tumulus seront ensuite construites au Japon à partir du milieu du IIIe siècle jusqu’au VIIe siècle de notre ère, moment où l’incinération sera généralisée. Cette culture serait le fruit de l’arrivée de nouvelles populations venues également de Corée dont les chefs formeront progressivement l’aristocratie japonaise.

 


Mardi 8 mars 2016

Nouveau regard sur les architectures mégalithiques dans l’Ouest de la France

par Florian COUSSEAU, Archéologue – UMR Rennes

Les campagnes, menées par Luc Laporte (directeur de la thèse en cours), Roger Joussaume et Chris Scarre sur le tumulus C de Péré à Prissé-la-Charrière (Deux-Sèvres) ont montré qu’une lecture approfondie de ces masses était possible et révélait de précieuses informations. L’étude des élévations, avec une méthodologie adéquate, était la clef de cette nouvelle lecture. Les archéologues des périodes historiques ont développé, depuis les années 1980, une méthodologie nommée « archéologie du bâti ». L’expérience positive sur le monument de Prissé-la-Charrière a montré l’intérêt d’étendre cette lecture à de nouveaux monuments.

Deux sites qui se trouvent dans le Finistère nord ont fait l’objet de cette nouvelle lecture architecturale : Barnenez à Plouezoc’h et Carn à Ploudalmezeau, fouillés dans les années 1950-60 par P.-R. Giot. Plusieurs campagnes de terrain, menées sur ces deux monuments, ont permis une étude intégrale de ces derniers, grâce à l’archéologie du bâti et l’utilisation des données 3D.

Les résultats sont multiples et se rapportent tant à la compréhension des architectures mégalithiques, aux bâtisseurs qui les ont construites, qu’aux sociétés qui les ont utilisées. Cette nouvelle lecture met au jour tous les cycles de construction du monument. Au travers de ceux-ci, certains gestes particuliers peuvent être observés qui montrent la qualité technique des bâtisseurs et leur maîtrise des règles architectoniques. L’étude des voûtes en encorbellement a été un point important de ces travaux. Il est possible d’observer ce type de voûtes encore construit de nos jours avec des techniques proches de celles du Néolithique. Le regard de ces bâtisseurs contemporains a été d’une grande aide pour la compréhension de certaines observations faites sur le terrain.

Cette communication exposera donc cette nouvelle lecture des architectures mégalithiques montrant toute la complexité de celles-ci et, d’autre part, que les bâtisseurs avaient de vraies compétences techniques.

 

Archives des conférences des années précédentes

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