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Groupe Vendéen d'Études Préhistoriques
Voyage de l'Ascension 2011
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Pointe de Pen-Hir, presqu'île de Crozon
Première pause à Pont-Aven, pour flâner et rêver sur le temps des peintres…
Pont-Aven
Le musée départemental breton de Quimper est installé dans l'ancien palais des Évêques de Cornouaille, proche de la cathédrale Saint-Corentin. Il présente l'archéologie, l'histoire, les traditions populaires et l'art breton (mobilier, costumes, faïences, etc..) du département du Finistère.
Il occupe l'ancien palais épiscopal, important bâtiment construit du XVIe au XIXe siècles jouxtant la cathédrale.
Remarquablement restaurées, les salles s'ordonnent suivant une distribution à la fois chronologique et thématique.
Nous sommes accueillis par deux stèles de l'Âge du fer ...
Au rez-de-chaussée, après une évocation
de la Préhistoire récente (Âge des métaux) par la présentation d'objets prestigieux, sont présentés l'habitat et le mode de vie dans une des cités gallo-romaines des Osismes :
monnaies, mosaïque monumentale,
vases et urnes funéraires,
vaisselle d'argent,
figurines de Vénus et de déesses-mères,
etc...
Les Osismes (prononcer Ossimes) sont un des peuples gaulois du groupe des Celtes armoricains.
Le territoire des Osismes correspond approximativement à celui du département français du Finistère et à la partie occidentale de celui des Côtes-d'Armor. Leur capitale était Vorgium (Carhaix).
Wikipedia
L'escalier de Rohan, achevé en même temps que l'édifice, c'est-à-dire en 1507, permet d'accéder à deux salles hautes qui servaient d'archives aux 17e et 18e siècles.
Décoré sur son pourtour supérieur, sur sa colonne, il est un fleuron de l'art en bois du début de la Renaissance avec des influences médiévales dans les motifs choisis.
Le musée des Beaux Arts, près de la cathédrale, est le lieu d'une exposition prestigieuse consacrée aux paysagistes du 19e siècle : de Turner à Monet…
Les photos de l'exposition étant interdites, l'image de cette enseigne sert de transition...
A partir du XVIe siècle, les paroissiens les plus aisés étalaient leur richesse en payant une œuvre religieuse collective de grande ampleur. Cette richesse était due en grande partie à l'essor économique de l'ouest de la Bretagne, en lien avec la circulation maritime et la production de tissu en lin.
Pleyben
fut une riche paroisse de grande superficie qui sera partagée plus tard en 7 autres !
La population christianisée est rassemblée "autour du clocher".
Le curé est assisté d'un conseil de 12 sages cooptés, appelé « la Fabrique ». Ce conseil prend des décisions dans l'intérêt de la paroisse. Ces décisions sont publiques.
L'enclos paroissial de Pleyben est l'un des plus grands et des plus caractéristiques de toute la Bretagne.
Un enclos paroissial breton comprend toujours : la clôture, l'église, l'ossuaire, le calvaire, l'ensemble de la statuaire qui sert à l'instruction religieuse.
A Pleyben, l'enclos comporte en plus la tour carrée et la "sacristie", siège de la Fabrique.
L'église fut construite en 30 ans seulement vers 1650, et la sacristie vers 1690 dans le style classique selon les canons de l'époque (Philibert Delorme, etc.).
Construit en 1555, il fut déplacé vers le lieu actuel en 1643. La statuaire est une bande dessinée évangélique de plus de 20 tableaux .
L'annonciation, la visitation, la nativité, l'adoration des mages, la fuite en Egypte, l'enfant Jésus et les docteurs de la loi, l'entrée triomphale à Jérusalem, la cène, le lavement des pieds, l'agonie, l'arrestation, la couronne d'épines, Pierre pleure son reniement, "Ecce homo", Pilate se lave les mains, la crucifixion, la mise au tombeau, la résurrection.
Le Christ en croix est placé entre les deux larrons.
Le mauvais larron est emporté par un diable cornu et le bon est emporté par un ange.
L'essentiel de la statuaire est dû aux frères Prigent.
L'ossuaire de style renaissance date de 1733.
Les défunts étaient traditionnellement enterrés dans l'église. Par manque de place, leurs ossements étaient plus tard entreposés dans l'ossuaire pour faire de la place dans l'église aux "nouveaux venus" !
L'église comporte deux "clochers" : une flèche gothique traditionnelle et une tour carrée adjacente, construite vers 1660 dans un style Renaissance.
La voûte de l'église est en bois.
La charpente visible en partie comporte des poutres "engueulées". Cette astuce permettait de représenter les démons dans une église, mais la poutre leur interdit de cracher le feu et de blasphémer !
La base de la voûte s'appuie sur le mur par une poutre sablière finement sculptée.
En charpente une panne sablière est une poutre placée horizontalement à la base du versant de toiture, sur le mur de façade. On la nomme ainsi car on la posait sur un lit de sable, qui en fuyant, permettait à la poutre de prendre sa place lentement.
Wikipedia
La sacristie, plus récente, était aussi la salle de réunion de la "Fabrique".
De remarquables astuces architecturales permettent de répartir la lumière malgré la petitesse des fenêtres.
À Camaret, quand le soleil est au rendez-vous, ce qui était le cas, les paysages deviennent sublimes. La Pointe de Pen Hir avec ses roches de quartzite très découpées était un lieu de pique-nique idéal.
Les files de pierres dressées de Lagatjar, mises en place dans le 5e millénaire av. J.-C. sont le reste d'un vaste ensemble qui a été partiellement détruit dans les derniers siècles puisque des 600 blocs recensés par Ogée dans son dictionnaire au 18e siècle, il n'en reste que le dixième debout, sur trois files, dont deux sont perpendiculaires à la troisième.
File de pierres dressées à Lagatjar (Camaret)
Les pique-niqueurs et le ramasse-miettes
Les Tas de Pois
Locronan, où la légende de Saint Ronan, évangélisateur de la Bretagne, est omniprésente.
L'architecture témoigne du riche passé du 16e et 17e siècle avec l'apogée de la confection de la toile de lin, taillée dans ce village, et le développement des routes maritimes.
La légende de Saint Ronan est illustrée sur la chaire de l'église.
Le médaillon que l'on voit ici nous montre les trois évêques qui se sont disputés la dépouille de Saint Ronan, son transport dans un char conduit par deux bœufs sauvages et le bri d'une des cornes d'un des bœufs par le battoir de la Kében, dernier avatar d'une religion païenne qui ne voulait pas du Christ… Elle finira engloutie dans la terre…
Cette chasse, qui contient les reliques de Saint-Ronan, est l'un des objets phare que l'on promène lors de la procession de la troménie de Locronan.
Cette procession longue de 14 km reprend un rituel antérieur à la chrétienté. Son origine est très nettement gauloise avec un cycle tous les 6 ans, en juillet. Elle emprunte d'anciennes voies antiques et certains mégalithes font aussi partie du parcours.
Plusieurs scènes de films ont été tournées dans le village…
L'allée couverte de Lesconil est particulière. Ce sont les montants latéraux disposés de manière oblique qui forment le toit de la chambre funéraire. Ce type de monument se retrouve exclusivement dans le Finistère.
Les allées couvertes classiques, avec un plafond en grosses pierres, représentent un mégalithisme tardif dans l'ensemble de l'Europe continentale et atlantique au 4e millénaire av. J.-C. La chambre et le couloir sont indifférenciés et plusieurs dalles disposées à la périphérie limitaient un tumulus très resserré sur la chambre. Il pouvait y avoir de nombreux squelettes à l'intérieur contrairement à ce qui s'est passé dans des dolmens plus anciens (5e millénaire av. J.-C.) où peu de corps étaient déposés.
Roger Joussaume répond aux questions.
L'île Tristan, à l'embouchure de la ria du Port-Rhu, appartient au Conservatoire du littoral.
La Pointe du Raz, une animation vidéo.
Petit matin frais à la Pointe du Raz…
La baie d'Audierne, délimitée au nord par la pointe du Raz et au sud par celle de Penmarc'h.
Le site de Menez Dregan était fermé : les fouilles ne reprennent que l'été. Découvert en 1985 par Bernard Hallegouet, ce site du Paléolithique inférieur a fait l'objet de sondages en 1988 et 1989 et est fouillé depuis 1991.
Le gisement occupe un couloir d'abrasion marine se terminant par une ancienne grotte dont le plafond s'est effondré. La séquence stratigraphique comprend une alternance de dépôts littoraux, de couches d'effondrements et de dépôts de versants, parfois tronqués par l'érosion marine.
Des conditions géochimiques très particulières ont permis une relative conservation des ossements, exceptionnelle en Bretagne.
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Les vestiges osseux sont toutefois très dégradés et il est généralement impossible de les déterminer par les méthodes paléontologiques classiques. Des méthodes basées sur l'étude de l'ADN conservé dans les os ont permis de déterminer la présence de périssodactyles et d'artiodactyles.
La couche 5c a livré une structure constituée de huit pierres disposées en cercle, associée à une concentration de charbon de bois et à quelques silex rougis par l'action du feu. La couche 5e/5 a livré une structure composée de six galets de quartz disposés en arc de cercle entourant une concentration charbonneuse. Des mesures de susceptibilité magnétique indiquent qu'il s'agit d'un foyer dans lequel le feu a été entretenu et localisé. Les sédiments chauffés de ce foyer ont été datés par RPE (369 000 +/- 47 000 ans BP et 396 000 +/- 45 000 BP). À la base de la séquence, les couches 7 et 9 (465 000 +/- 65 000 ans BP) ont également livré des indices de combustion qui pourraient correspondre à l'une des plus anciennes traces de feu maîtrisé par l'homme.
L'industrie lithique est relativement homogène sur l'ensemble de la séquence. Elle comprend une composante dominante sur éclats, surtout en silex, et des galets taillés essentiellement en grès. Les matériaux utilisés sont locaux et ont été taillés sur place. L'outillage sur éclat comprend des denticulés, des encoches et des racloirs. Quelques rares bifaces, généralement partiels, ont également été mis au jour. Cette industrie a été rattachée au faciès colombanien défini par J.-L. Monnier.
Sur le haut de falaise, à l'aplomb du site paléolithique de Menez Dregan, le cairn du Souc'h est un ensemble funéraire complexe dont l'aspect final, présenté au public, ne représente que la dernière phase de son utilisation. Il faut bien comprendre qu'un millier d'années se sont succédé sur ce site.
Tout commence par une structure funéraire circulaire insérée dans un long tumulus. Elle date du milieu du 5e millénaire av. J.-C.
Ultérieurement, au Néolithique moyen, un dolmen à couloir de plan quadrangulaire inclus dans un cairn à parements multiples a été construit à proximité de cette tombe, détruisant ainsi la partie septentrionale du tertre.
Puis une série de trois dolmens compartimentés (en deux temps de construction).
Avant que le cairn ne soit réinvesti au Néolithique final pour la mise en place, en son centre, d'une sépulture à entrée latérale.
Le groupe est saisi par tant de complexité architecturale…
Dès 1835, le Chevalier de Fréminville signale ce vestige comme "l'un des plus beaux et plus grands dolmens de tout le Finistère". Ce qui ne l'empêchera pas d'être mis à mal par une activité d'extraction de pierres de construction, d'être utilisé au début du XXème siècle comme remise à charrettes et enfin d'être détruit au cours de la dernière guerre mondiale par les allemands, car il gênait la visibilité d'une batterie côtière.
Cette sépulture néolithique remarquable a été restaurée en 1988 et 1989 par le Service Départemental d'Archéologie : on a remplacé quelques supports et piliers par des pierres d'un autre monument détruit (…) ; la cellule terminale et les pierres de délimitation du cairn ont été en partie retrouvée et redressées.
La forme de son tumulus, limité par une série de petits blocs verticaux, est très suggestive : ne s'agit-il pas d'une barque de pierre comme celle, selon la légende, dont se servira un des évangélisateurs de la péninsule ?…
Lieu pour nous d'un pique-nique ensoleillé, c'est aussi un site magnifique avec un ensemble mégalithique qui repose sur une occupation mésolithique.
Mais aussi de curieuses petites colonnes de galets installées sur une petite plage protégée.
Le musée de la Préhistoire de Penmarc'h recèle une collection de mégalithes, menacés de destruction, provenant de la région proche et disposés dans un espace protégé.
Le groupe craint le soleil de Bretagne…
Un immense dolmen coudé, significatif du dernier moment du mégalithisme de Bretagne, au Néolithique récent (4e millénaire av. J.-C.) trône majestueusement devant le bâtiment du musée.
Polissoir, coffre de l'Âge du bronze…
L'intérieur du musée contient une collection impressionnante témoignant de l'importance de l'extrémité de la péninsule bretonne lors des occupations successives.
De la préhistoire ancienne, avec le site de Menez Dregan, au début de l'histoire avec les nécropoles gauloises dont on a un témoignage sur cette diapositive, le Finistère a connu une préhistoire riche.
S'il fallait choisir un créneau chronologique, ce serait l'Âge du bronze qui aurait une préférence.
La présence d'étain sur les côtes bretonnes, la maîtrise des couloirs de navigation maritime, ont assuré la richesse des populations du littoral et ont permis l'émergence d'une petite aristocratie locale.
Les dépôts de lames de haches dans un bronze non fonctionnel laissent penser à des trésors monétaires à la fin de l'Âge du bronze.
Mais dès le Bronze ancien, vers 2000 av. J.-C., des « petits princes », comme les appelait Jacques Briard, se font déposer dans des coffres funéraires disposés dans un grand tumulus circulaire. Leur dépouille était accompagnée des plus belles pointes de flèche que l'on connaît et des restes très altérés de poignard en bronze, avec manche en bois parfois rehaussé de clous en or…
De bien belles choses entrevues… C'est sûr, ce fut une belle balade…